Alors, comme cela a été dit à la commission des finances, l’ensemble des éléments n’ont pas encore été transmis par les services fiscaux, on ne peut que s’inquiéter de : • l’impact pour notre collectivité de la baisse de la DGF de 13 milliards en 5 ans, • l’impact pour notre collectivité des conséquences de l’annonce et de la décision prise de supprimer le paiement de la Taxe d’Habitation pour 80% de la population, dont 30% des cette année 2018.

Pour nous, élus communistes, la bataille contre la baisse des dotations doit se conjuguer avec celle pour trouver des moyens supplémentaires afin de toujours mieux répondre aux attentes de nos concitoyens, donc de développer les services publics locaux ou nationaux.

Développer ces derniers, et non les casser, • comme c’est le cas aujourd’hui avec la SNCF dont la boutique a été fermée il y a quelques temps, dont la gare n’en a plus que le nom ou presque, dont le triage est quasiment inutilisé… mettant toujours plus de camions sur nos routes, • comme c’est la cas dans la santé ou l’hôpital est en grande difficulté comme l’illustre la situation au Centre Hospitalier du Rouvray, en grève, parce qu’il n’a plus la capacité de d’accueillir les malades, • ou encore l’éducation ou des enseignants absents ne sont pas remplacés comme on le voit à l’école Ferdinand Buisson.

Je rappellerais simplement, nous l’avons déjà évoqué ici, qu’il conviendrait au niveau national d’aller chercher l’argent là où il se trouve. Il suffit de regarder « Le Monde » du 8 mars 2018 qui titrait sur toute sa Une : « 93,4 milliards d’euros de profits pour le CAC 40 en 2017 », pour visualiser le fait que l’agent existe dans notre pays. Et dans le même temps, pour utiliser une formule à la mode, la loi de Finances pour 2018 supprime l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), néglige la lutte contre la fraude ou l’évasion fiscale, un manque à gagner pour l’Etat évalué entre 60 et 80 milliards par an, maintient de nombreux cadeaux fiscaux aux plus riches comme le CICE…

Aller chercher l’argent là où il se trouve, c’est aussi le sens de la proposition des élus communistes de taxer à 0,3% les actifs financiers des grandes entreprises (évalués à 6 000 milliards d’euros), ce qui rapporterait quelques 20 milliards par an qui pourrait être injecté dans les finances des grandes entreprises. C’était une proposition que les gouvernements et leurs majorités ont refusé depuis 2011.

C’est d’autant plus choquant que, parallèlement, on demande aux collectivités, aux françaises et français, de faire des efforts, notamment aux retraités à qui le gouvernement augmente la CSG de 1,7%, aux salariés des Fonctions Publiques dont le gouvernement s’apprête à supprimer 120 000 agents, alors qu’il gèle leur point d’indice et donc leur rémunération, qu’il leur impose un jour de carence en cas de maladie.

Plus concrètement, le budget proposé nous parait très optimiste quant aux recettes, notamment celle de la DGF qui augment par rapport au budget primitif 2017.

De même pour les recettes liées aux taxes foncières et d’habitation. Cette dernière fait l’objet d’une mesure qui tend à la supprimer en 3 ans pour 80% de la population, donc un manque à gagner par la commune. Cette somme devrait être compensée à l’euro près pour la commune, mais on sait ce que cela signifie ! Il suffit de se rappeler comment les dépenses de solidarité ont été compensées « à l’euro » près pour les Départements il y a quelques années.

Comme nous l’avions souligné lors du DOB, la situation des offices HLM dans le contexte de baisse des APL et de pression pour que ces derniers prennent en charge ce manque à gagner pour eux, et que la commune se porte caution des emprunts, même si le ratio n’est que de 10,61% selon Compte Administratif 2017, 10,49% dans le budget, cette évolution ne peut que nous inquiéter.

En regardant les subventions aux communes, nous sommes surpris de voir une subvention à l’ADDEVA Rouen Métropole, association que vous avez créée de toute pièce au détriment de l’association « historique » Adeva 76. De la même manière, vous apportez une subvention de 2 000,00 € à une association de commerçants, l’Association pour l’Elan et l’Animation du Commerce, également créée récemment, comprenant une quinzaine de commerçants dont deux banques, bloquant ainsi toute subvention pour l’UCAS, association d’une trentaine de commerçants sottevillais…

Parmi les propositions que nous souhaitons mettre en avant, il y a bien sur la construction d’une nouvelle école pour, prendre en compte, à la fois construction de nouveaux logements, mais aussi le fait que les classes sont aujourd’hui à la limite. Bien sur cela suppose de mener en complément une bataille pour obtenir des enseignants correspondants et que la ville mette à disposition les personnels d’accompagnement.

De même que le développement d’un réseau de petite enfance, qui selon nous devrait être un véritable service public national doit être retravaillé avec les différents acteurs, afin de tenir compte des nouveaux arrivants et de leurs besoins dans ce domaine.

Nous souhaitons également que la ville mette une pression plus grande sur la Métropole pour que les voiries de notre commune retrouvent leur qualité d’antan. L’équipe municipale a su travailler de concert avec la Métropole, d’ailleurs sans concertation avec la population, pour la place de l’Hôtel de Ville. Dans le prolongement, la mise en place d’un réseau de pistes cyclables doit être sérieusement étudiée, d’autant que cela s’inscrirait dans le cadre de la COP 21 métropolitaine et de son atelier public.

Aussi, au vu de ces remarques, le groupe communiste votera contre le budget proposé, même s’il votera les délibérations accordant des subventions de la ville aux principales associations de la commune.