Après 6 mois de travail intense, le bilan est déjà important pour les 11 députés communistes, même s’ils restent très minoritaires. Ainsi, ils ont proposé et rendu public un budget alternatif, ou encore, ils sont intervenus sur les questions de santé, de l’hôpital qui est mis en difficulté par un manque de moyens. Ce combat concerne l’organisation du système de santé, les urgences, mais aussi les conditions de travail des personnels et bien sur d’accueil des malades.

Aussi, et c’est le rôle du parti de ses organisations comme les sections, de l’ensemble de ses militants, de relayer leur travail auprès de la population.

Pour le pouvoir en place, il y a avant tout la volonté de casser toute velléité de résistance à la politique menée et cela s’est traduit par la mise en place, par ordonnance, d’une nouvelle version du code du travail qui s’apparenterait plutôt à un « code du licenciement » offert aux patrons. Cela s’inscrit dans le prolongement de ce que disait, il y a une dizaine d’années, dans le journal Challenges, un Vice Président du MEDEF, Denis Kessler, « Il s’agit de sortir de 1945, de défaire méthodiquement le programme du CNR ». Disant cela, il visait principalement la sécu et notre système de protection sociale, ainsi que l’étatisation ou la nationalisation d’un certain nombre d’entreprises.

Les ordonnances « Macron » avaient pour objectif premier de retirer les garde-fous inclus dans le code du travail, un texte, certes à améliorer, mais qui était le fruit de 50 ans de luttes sociales, d’acquis ou plus exactement de conquêtes sociales, de conquis sociaux. L’autre « utilité » des ordonnances étaient de faire passer, sans débat, des orientations qui n’étaient peut-être pas du gout de tous les députés « Macronistes » élus en juin.

Ainsi, avec les ordonnances, qui par elles même constituent un déni de démocratie, et la nouvelle version de la loi travail qui est entrée en application dès ce 1er janvier ce sont les procédures de licenciements qui ont été simplifiées pour le bonheur des patrons, tandis que se mettent en place les RCC, Ruptures Conventionnelles Collectives, sans motif économique réel, seulement avec l’accord majoritaire des syndicats. Le cas de PSA voit un accord syndical pour la suppression de 1300 emplois. Et puis il y a le regroupement de instance paritaire entre CE, Délégués du personnel, CHSCT … La suppression de ces derniers étant un coup très dur pour tout ce qui touche la santé au travail, maladies professionnelles… ou encore le compte de pénibilité rebaptisé « compte professionnel de prévention ».

Dans le même temps, comme dirait Macron, la répression contre l’action syndicale se développe.

Autre élément fort de ce début de législature « Macron-Philippe », c’est le vote du budget pour 2018. Il s’agit d’un budget de droite totalement tourné vers les plus riches. Normal, il est l’œuvre notamment de deux anciens partenaires de Sarkozy, Edouard Philippe et Bruno Lemaire accompagné de Gérald Darmanin.

Dans ce budget, on y retrouve 12 milliards de cadeaux aux plus riches et aux actionnaires, avec notamment le CICE, la suppression de l’ISF et son remplacement par l’IFI, basée sur la seule fortune immobilière. Un prélèvement de 13 milliards sur 5 ans est opéré sur les collectivités afin de faire payer le déficit de l’Etat par ces collectivités, alors que celles-ci ne comptent que pour 9% dans ledit déficit. Cela aura pour effet une remise en cause de la qualité et du nombre des services publics locaux.

C’est donc une véritable cure d’austérité qui est imposée aux populations, aux associations qui verront leurs subventions baisser. Ces dernières sont d’autant plus en difficulté que le gouvernement a réduit de près de 200 000 le nombre de contrats aidés qui sont indispensable au bon fonctionnement de celles-ci. Sur ce sujet, nous, communistes, ne sommes pas des partisans de ces contrats et nous pensons qu’il faut très vite les pérenniser en véritable emploi, en CDI, mais force est de constater leur utilité dans le milieu associatif, sportif ou culturel, mais aussi pour les collectivités dans des secteurs comme l’accompagnement du temps périscolaire. Ils doivent permettre à des jeunes d’entrer dans la vie active en rappelant que pour les CUI, dont le « I » correspond à insertion.

Les collectivités, et au premier plan les communes, voient leurs recettes réduites par la baisse des dotations et dans le même temps, la loi de finances pour 2018, votée il y a quelques jours, prévoit une suppression de la taxe d’habitation pour 80% de la population, privant à nouveau les collectivités d’une entrée d’argent, d’une recette dynamique.

Mais le budget c’est aussi une hausse de la CSG de 1,7% sur des pensions dépassant les 1300 € brut…, grevant d’autant des retraites déjà globalement bien en dessous de ce qu’il faudrait pour vivre décemment. Autre élément qui traduit la volonté de prendre au plus pauvres pour donner aux plus riches : le logement. Après une annonce de réduction de 5 euros sur l’APL, mais « Qu’est que 5 € selon une députée « En marche » ? », le gouvernement veut mettre au pas les offices HLM en leur demandant de baisser les loyers afin de compenser cette baisse des APL. Ainsi, Il les mets en difficulté pour préserver et rénover leur patrimoine puisqu’ils doivent utiliser leurs fonds propres. De plus, comme les rénovations, ou constructions neuves sont, en général, cautionnées par les collectivités, qui doivent pallier à tout manquement de l’office HLM, on risque de voir ces collectivités déjà exsangues, se retrouver en plus grande difficulté encore. Mais il faut bien construire de logements, sociaux notamment, puisque il y a toujours une demande importante.

Enfin, dans ce budget, il y a un manque : celui de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. Celles-ci représentent entre 60 et 80 milliards par an. A titre de comparaison, le budget de l’Etat est de 302 milliards en recettes et 386 en dépenses. Alors que le gouvernement se réjoui d’’avoir récupéré quelques milliards, il annonce une réduction de ses moyens en personnels, de ses fonctionnaires de Bercy pour diminuer la dépense publique. Dans ce domaine, tous les amendements, allant dans le sens d’une lutte plus efficace contre cette fraude, déposés par les communistes notamment, ont été rejeté par « En marche » et par la droite.

Ainsi, les finances publiques, le logement, mais aussi tout ce qui tourne autour de l’emploi, du développement industriel, les services publics qui sont le seul bien qui reste encore pour ceux qui n’ont plus rien… seront, à n’en pas douter, les grandes batailles de cette année 2018.

Il en est de même de la question des droits de femmes, de la lutte contre les violences qui leurs sont faites, mais aussi la bataille pour l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes.

Et puis il y a aussi la paix dans le monde, un monde marqué par les attaques terroristes qui n’ont rien à voir avec telle ou telle religion, mais qui sont l’œuvre de fanatiques. Parmi ces fanatiques, on pourrait décerner la palme conjointement aux dirigeants d’Israël vis-à-vis du peuple palestinien comme le confirment les arrestations de Salah Hamouri ou de Ahed Tamini…, à Donald Trump et à son camarade de « jeu » le coréen Kim Jong-Un, en passant par le turc Erdogan qui persécute le peule kurde.

Voeux 3

C’est dans ce contexte que nous allons, en cette année 2018, sans élection tenir un congrès extraordinaire à la fin novembre.

Ce congrès du Parti Communiste Français, et non de je ne sais quel parti du ou des communs, ainsi que toute la période de sa préparation, doit permettre de construire un projet de société qui soit crédible et compréhensible par la population. Nous devons commencer à retrouver notre place de référence de la vie politique française, notamment autour de notions comme la paix, la justice, la liberté, la solidarité, notamment avec les migrants, l’écologie… Pour cela, il nous faut formuler des propositions en positif et non nous contenter de répondre aux décisions, aux prises de position des autres, même pour les combattre. Soyons nous-mêmes et développons notre projet communiste.

C’est une bataille idéologique, notamment contre la fatalité, qu’il nous faut mener à grande échelle, avec beaucoup de pédagogie, fondée sur des exemples concrets issus de la vie quotidienne de la population.

Pour préparer ce congrès, il y a la tenue, le 3 février des « Etats généraux du progrès social » autour de 5 thèmes : • Utilisation de l’argent, • Industrie, • Services publics, • Logement, • Travail et emploi. Le travail autour de ces thèmes doit permettre de les approfondir en lien avec les populations concernées, et de prendre le temps pour élaborer, conjointement avec elles, des propositions qui seront portées par les communistes bien sur, mais dans lesquelles chacune et chacun pourra se reconnaitre. Nous devons travailler autour du rassemblement, pas un rassemblement d’état-major, de forces politiques organisées, mais bien un rassemblement de la population autour de questions concrètes.

Ces propositions seront également portées par nos parlementaires, Députés comme sénateurs. Parallèlement, les rencontres des communistes avec les salariés, les retraités, les chômeurs,… doivent permettre d’alimenter les réflexions des parlementaires.

Autre axe de réflexion du congrès, les européennes, qui, sauf changement, se dérouleront en 2019 dans une circonscription unique, la France. Ce sera aussi l’occasion de dire Oui à l’Europe des travailleurs, à une Europe sociale, mais Non à l’Europe libérale qui se développe aujourd’hui. Parmi les actions à mener dans les mois à venir, il y a la bataille autour du transport. Avec ses 400 locomotives qui y pourrissent, on ne peut voir le triage SNCF, se désintégrer avec ce que cela comporte comme réduction d’emplois, comme recul technologique sans rien faire. Nous devons continuer à agir pour que le fret soit transporté par le rail, sous l’égide de la SNCF, conformément au Grenelle de l’environnement de 2007 et à la COP 21, dont on nous parle beaucoup. Aujourd’hui c’est moins de 10% du trafic des marchandises qui circulent par le réseau ferré. De plus le réseau, tant fret que voyageurs, n’est pas entretenu comme il le faudrait et les pannes à répétition que l’on connait depuis quelques temps sont tout à fait prévisibles. Mais le Gouvernement préfère mettre des cars de voyageurs, les « cars Macron » sur nos routes plutôt que de mettre les moyens nécessaires à la rénovation des lignes. A propos du ferroviaire et du combat que mènent les cheminots, je pense que cette année, nous rendrons un hommage à Pierre Semard, ancien secrétaire général de la fédération des cheminots CGT et Secrétaire général du PCF de 1924 à 1929, fusillé comme otage le 7 mars 1942. Illustration également du tout routier avec la liaison A28 – A13, autrement dit le contournement Est. Dans sa dernière mouture, déclarée d’utilité publique, le tracé venant des plateaux nord arrivera sur la rive gauche au niveau du « rond-point des vaches » à Saint-Etienne du Rouvray. Ce tracé qui arrive en aérien, à une quinzaine de mètres, est inacceptable, tant il est nocif pour la santé des populations qui se trouvent à proximité, et tant l’investissement est important, près d’un milliard d’euros et flou quant à son montage financier. De plus il s’agit d’une route à péage, dont le tarif n’est pas encore précisé. Dans le même temps, il remettra en cause une zone de près de 500 hectares, la zone Seine-Sud, sur laquelle on pourrait imaginer l’implantation d’entreprises créatrices d’emplois. Il est aussi à rappelé sur ce sujet que la solution pour diminuer la pollution dans l’agglo de Rouen serait bien de mettre les marchandises sur le train et non plus sur la route. Investissons dans des pôles multimodaux rail/route permettant cet échange. Dans l’intérêt de leurs populations, les maires des communes de Saint Etienne et Oissel ont déposé un recours gracieux auprès du 1er Ministre, du ministre de la transition écologique et de celle des transports, pour suspendre le lancement de ces travaux. Peut-être serait-il bon de travailler pour que la commune de Sotteville, certes peut-être un peu moins touchée, prenne une position qui aille dans le même sens. Nous continuons notre combat, certes pas forcément partagé par tous, contre les compteurs Linky, compteurs intrusifs dans la vie personnelle. Enfin, sur notre commune, tenant compte que le nombre d’enfants semble augmenter et que les écoles sont au taquet au niveau du nombre d’élèves, nous engageons une réflexion pour la création d’une nouvelle école maternelle et / ou primaire. Dans tous ces combats, ces actions et l’élaboration de propositions que nous mettrons en place dans les mois à venir, je veux rappeler ici l’importance du journal « L’HUMANITÉ », qui est souvent le seul quotidien national à pointer les problèmes, à ouvrir ses colonnes aux débats, éventuellement contradictoires. Ce journal est en grande difficulté financière du fait que l’Etat et les banques mènent un combat de classe contre lui. Il nous appartient individuellement et collectivement de le défendre en augmentant sa diffusion, en le faisant connaître. Nous n’imaginons pas ce que serait notre activité militante, celle de notre parti, sans « notre » journal, sans l’Huma ! La fédération vient d’éditer deux tracts reprenant les articles de l’Huma de la semaine. Ils sont à votre disposition.

Mesdames, Messieurs … Je conclurais cette intervention trop longue, j’en suis convaincu, en vous souhaitant à nouveau une bonne et belle année 2018. Que celle-ci fasse date dans le combat contre l’austérité et que ce soit le départ pour toutes et tous, collectivement, d’une vie un peu meilleure dans le monde, en France et dans notre région, tout en (re)donnant du sens au combat communiste, qu’un vent de colère souffle sur 2018, donnant la force de l’espoir.

Je vous remercie.

La soirée s'est terminée autour d'un repas convivial concocté par notre camarade Julien.

Voeux 2