Lors du dernier Conseil municipal, pour vous justifier, vous nous ayez lu une partie de la déclaration de Manuel Valls du mois d’octobre devant le Parlement. Mais Madame la députée Maire, c’est bien de l’austérité qui est imposée, que vous imposez aux populations, aux collectivités. Mêmes causes, mêmes effets, c’est ce qu’a dit le peuple grecs en votant fortement pour Syriza, en votant contre cette austérité imposée pour répondre aux demandes répétées conjointes des banques, des forces du capital et de l’Europe, la BCE notamment. Le peuple grec eu raison dans son vote et nous soutenons au niveau européen l’ensemble des mouvements qui veulent sortir du carcan de cette domination du capital, de cette austérité. Aujourd’hui, le gouvernement soutenu par une majorité de député(e)s socialistes, mènent une politique qui n’a rien à envier à celle de la droite. Il est vrai qu’avec des ministres comme Valls, Macron et consort, comment pourrait-il en être autrement ? Après de nombreuses années de cadeaux aux entreprises pour les rendre plus compétitives, on s’aperçoit qu’elles ne gagnent pas forcément de marchés supplémentaires, mais surtout que la courbe du chômage continue de grimper. C’est ce que traduit la note de conjoncture de l’INSEE citée en présentation du DOB. La baisse des dotations votée en décembre fait suite à une première réduction de 1,5 milliards d’euros en 2014 et un gel par la droite sur les 3 années précédentes. Les finances des collectivités se trouvent ainsi tout à fait exsangues et cela se traduit par les difficultés rencontrées pour l’élaboration des budgets. Un rapport du sénat montrait que la ponction annoncée, effective aujourd’hui par votre vote, risque de faire de l’impasse financière, le droit commun des collectivités françaises, et qu’il faudrait au moins réduire, dès 2015, l’investissement local de 30%. Pourtant, ce sont bien elles qui assurent aujourd’hui le peu de croissance que l’on constate. En effet, elles sont à l’origine de 70% des investissements publics qui se font dans notre pays. Réduire l’investissement, ce sont des emplois en moins, notamment dans le BTP. De plus, ce sont bien les collectivités, notamment les communes et le département qui font vivre et se développer les services publics, ces services qui font ce qu’est notre pays, mais aussi des pans de l’économie sur lesquels le privé y voit des marchés à conquérir. A propos du service public, je voudrais revenir sur la boutique SNCF. Vous nous aviez dit, lors du dernier conseil Municipal que vous mettiez tout en œuvre pour que ce point de vente ne ferme pas. Mais il ne pouvait en être autrement puisque cette fermeture est le résultat de la loi ferroviaire du 4 août que vous, Madame la députée, avez voté en juillet 2014. Aujourd’hui il n’y plus de possibilité pour les Sottevillaises et Sottevillais d’avoir simplement un renseignement sur la préparation d’un voyage. En effet, ces voyageurs sont bien des usagers du transport ferroviaire SNCF, avant d’être des clients … Si les collectivités sont touchées financièrement, les populations, dans une très large proportion, sont aussi victimes de ce choix gouvernementaux. On se rappelle du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, mis en place fin 2012, ouvrant la porte au CICE et à la hausse de la TVA … Ce texte a été élaboré par le secrétaire général adjoint de l’Elysée de l’époque, un certain banquier, tout juste sorti de la banque Rothschild, portant le nom d’Emmanuel Macron … Les populations fragilisées par cette situation ont alors recours aux services sociaux de la ville obligeant nos communes à faire des choix …et cela pèse sur les finances de la ville comme sur celles du département qui doit faire face à l’augmentation du nombre d’allocataires du RSA. Si les collectivités, et la commune de Sotteville-lès-Rouen n’y échappe pas, sont dans cette situation difficile, vous Madame, comme députée, vous en portez une grande responsabilité. C’est vous et vos amis qui avez décidé de réduire de 1 450 millions la dotation aux communes avec une baisse de l’enveloppe normée de 3,67 milliards pour l’ensemble des collectivités en 2015. Ainsi les communes auront plus de difficultés pour faire vivre les services publics de proximité, je l’ai dit, mais aussi pour les subventions aux associations, mettant en péril le lien social qui faisait une force, et c’est la, la porte ouverte à des évènements comme ce qui s’est passé le 7 janvier à Charlie Hebdo. Les investissements vont se réduire, d’autant que les autres collectivités, elles non plus, n’ont plus les capacités à aider les communes. Et ce n’est pas la métropole qui va améliorer les choses. Si elle bénéficie d’un petit plus financier du fait de sa création, elle peut jouer cette année le rôle d’amortisseur, ou plutôt elle permet à chacun de dire qu’il s’agit d’un « moindre moins … » Il faut rappeler qu’elle a été mise en place sans concertation ni avec les élus, ni encore moins avec les populations. Quel sera l’impact de ce plus sur l’ensemble des communes, et sur la nôtre en particulier ? On ne peut que s’inquiéter de la place prise par la ville centre au détriment des communes périphériques. La baisse de la dotation forfaitaire que vous nous annoncez est de 306 000 euros en 2014 par rapport à 2013. Le tableau qui suit dans le document fourni nous inquiète puisque cette dotation va passer de 5,7 millions en 2014 à seulement 3,7 en 2017 (- 35%). Redresser les finances du pays en faisant appel à la solidarité de tous… Pourquoi pas, mais alors il faut que tous y participent … Y compris les plus riches, les patrons de grandes entreprises qui préfèrent délocaliser leur production comme le fait UPM Kymenné Chapelle Darblay en fermant la machine 3 et en laissant sur le carreau 196 salariés, ou comme ce fut la cas avec Petroplus abandonné pour d’obscure raisons par le gouvernement. Les caisses de l’Etat seraient vides … alors que tout le monde s’accorde à dire que la France est pays riche. On peut donc légitimement s’interroger sur la dette, sa structure ou son origine. Il s’agit bien d’une dette du capitalisme, du fait du coût du capital qui pèse bien plus que celui du travail sur les finances. Elle est le fruit des cadeaux, environ 200 milliards par an au plus riches, mais aussi de la loi de 1973, reprise dans le traité de Maastricht et de Lisbonne qui interdit aux banques centrales, BCE en tête, de prêter aux Etats, comme aux collectivités d’ailleurs. Cela oblige celles-ci à s’approvisionner sur le marché à des taux élevés. Contrairement aux communes, où les budgets doivent être en équilibre, l’Etat vote des budgets depuis 1973 en déficit et ce sont ces déficits cumulés d’année en année qui constituent cette dette. Voilà, nous refusons que l’austérité passe par les collectivités, par notre commune. Nous proposons donc une réelle mise à contribution des revenus du capital qui, associé à des mesures favorisant les entreprises réellement créatrices d’emplois, permettrait de réduire la dette tout en permettant aux populations de vivre mieux. Nous souhaitons que la municipalité qui se revendique de la « gauche » agisse pour arrêter cette baisse des dotations dont les conséquences pèseront lourd sur la population sottevillaise.