La boutique SNCF de Sotteville-lès-Rouen, située à proximité du marché, des commerces et du métro-bus, a un rôle social évident dans la commune. Supprimer celle-ci, outre la perte d’emplois d'agents SNCF que cela induit, serait un véritable recul inacceptable du service public du transport ferroviaire.

Il y a un an déjà, personnels, syndicats, élus, usagers, nous avions, ensemble repoussé une première tentative de fermeture.

Il nous parait évident que cela s'inscrit dans une démarche concertée de réduction des secteurs les moins rentables. Il s'agit, en effet, de la conséquence du plan national « Vision 2015 » qui prévoit la suppression de 3000 vendeurs, ainsi qu'un nombre significatif d'agences sur l'ensemble du territoire français.

Dans le même temps, est faite l’annonce, lors d'une réunion avec les personnels "Fret", de la suppression dans les mois à venir de 50 % des effectifs du personnel dédié au transport ferroviaire de marchandises.

Cette décision s’inscrit, quant à elle, dans le plan « Ambition Fret SNCF en Normandie ».

Avec ce genre de mesure, on s’éloigne encore un peu plus du "Grenelle de l’environnement" car chaque train de fret supprimé, faute d’infrastructures et de personnel, ce sont des camions en plus sur nos routes.

Le triage de Sotteville-lès-Rouen, l’un des plus performants d’Europe il y a encore quelques années, est aujourd’hui quasiment à l’abandon, comme le montre la présence de plusieurs centaines de machines et de wagons sur ses voies. Or ce triage était, et pourrait le redevenir s’il y en existe la volonté, une plaque tournante entre la région parisienne, le nord et l'ouest du pays.

Ces deux mesures, fermeture des boutiques et casse du fret, toucheraient notre commune et constitueraient un recul du service public du transport ferroviaire tant des personnes que du fret.

Il est clair aussi qu’elles sont la conséquence de la loi « portant réforme ferroviaire » promulguée le 4 août 2014, non votée par les parlementaires du Front de Gauche.

Si cette loi devait unifier les deux EPIC, SNCF et RFF, force est de constater qu’elle les maintient, tout en les faisant « chapeauter » par un troisième EPIC, une sorte de tutelle.

De plus, cette loi ne contient aucun volet financier permettant de réponde aux besoins.

Une réforme des structures qui ne règle pas la question de la dette ne peut qu'aller dans le sens inverse à un véritable service public de qualité du transport ferroviaire, tant des personnes que des marchandises.

Aussi, Monsieur le Président, je vous demande de revoir le projet de fermeture des boutiques et d'abroger le plan " Ambition Fret SNCF en Normandie".

Espérant que ce courrier retienne votre intention, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes salutations distinguées.

Véronique CHRISTOL